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Je n’ai plus peur d’avoir peur
Je suis un homme de 39 ans habitant côté Lausanne.
J’ai été dépressif durant les 29 premières années de ma vie.Mais au début, je n’en savais rien. Il m’aura fallu attendre fin 2000 pour que je le comprenne. Dès lors, j’ai pu considérer la dépression comme étant une maladie. L’avantage d’une maladie, c’est qu’elle se soigne, mais faut-il trouver la personne qui puisse aider à la soigner.
J’ai airé de psy en psy pendant 2 ans ; suivre les conseils des autres étant une perte de temps. N’ayant pas l’énergie pour courir tous les psys de la ville, j’ai fait appel à la radiesthésie pour m’aider. Ce fut radicalement différent.
Ma psy trouvée ; après environ une année de suivit, elle parvint à me convaincre que les antidépresseurs pouvaient être utile dans mon cas (alors qu’elle n’est pas à prescrire à tout va). Je les ai pris pendant plus d’1 mois, mais ce fut pire qu’avant. Suite à cela, j’ai perdu mes capacités de HS pendant plus de 5 ans (un cauchemar pour moi).
J’ai découvert la notion d’hypersensibilité en 2005. A cette période, je ne vivais plus vraiment « l’effet » dépression et la psychothérapie donnait l’impression de ne plus avancer. Je l’arrêtais avec l’objectif de retrouver tous mes capacités d’hypersensible. Et surtout je voulais réapprendre à gérer mon don de façon « correcte ».
J’ai fait du Reiki, des recherches personnelles (c’était déjà le cas avant lol), et beaucoup de partages sur le site de Lawen (c’était le seul site dédié aux hypersensibles).
En 2010, alors que je venais de commencer un nouvel apprentissage, je suis retourné voir ma psy avec comme demande « je veux avoir les mêmes chances que les autres ».
Durant ces 4 ans, j’ai appris à reconnaitre mes peurs, à les écouter et les exploiter. J’ai accordé à mes parents le droit d’avoir fauté, leur ai pardonné leurs erreurs et reconnu que je n’avais pas à les protéger (j’ai repris la place qui est la mienne, celle d’un enfant). Et en parallèle, j’ai travaillé avec l’enfant qui est en moi..
Lorsque j’ai commencé à travailler avec l’enfant au fond de moi, le ciel autour nous était noir. L’enfant était recroquevillé sur lui-même et il vivait dans un lieu lugubre, fait de solitude. Lorsque que j’essayais de l’approcher, c’était un bouclier de foudre qui me repoussait. Des mois durant, une distance d’une bonne dizaine de mètres m’était imposée. Il me fallait rester là ; simplement à lui signifier ma présence pour qu’il apprenne à la tolérer. A force de patience, il commençait à accepter ma
présence et le ciel en face de nous commençait à se déchirer.
Il m’aura fallu plusieurs années rien que pour pouvoir mettre une main sur son épaule.
Plus je parvenais à m’approcher de l’enfant en moi, plus les nuages, progressivement s’écartaient. Face à son extrême solitude, je lui affirmais que désormais il ne sera plus jamais seul.
Puis un jour, je parvins à le serrer dans mes bras. En face de nous, une magnifique éclaircie se dessinait.
Le regard de l’enfant en moi c’était adouci. Il était debout et me regardait avec les yeux plein d’espoir, ou du moins il m’observait, voir ce que j’allais faire.
J’ai continué à lui affirmer que je serais toujours là, je le lui ai également démontré. A force les nuages en face de nous se sont
totalement retirés jusqu’à qu’on ne puisse presque plus les voir.
Au mois de septembre de cette année, les nuages ont quittés le zénith (je ne les vois plus). Lors de ce passage, j’ai eus l’image que je me faisais expulser d’une bulle pour « tomber » dans une autre bulle.
A ce moment-là, j’ai retrouvé toutes mes peurs (la notion de tomber ou de chute entant liée aux peurs). Mais réellement, on ne peut pas tomber se trouvant dans une bulle. C’est nous qui choisissons ce qu’on vit ; on a le choix, soit de tomber, soit de voler.
Ce qu’il s’est passé, c’est que je me suis séparé de notre peur la plus ancestrale, celle qui nous masque toutes les autres, la peur d’avoir peur (symbolisée par la première bulle et ses nuages noirs).
Il y a 10 ans, je ne comprenais pas le titre du livre d’Aron. Les derniers mois avant que je ne perde cette peur d’avoir peur, j’ai
revécus toutes mes autres peurs (mais du genre panique), et à chaque fois le titre du livre me revenait. Ma peur d’avoir peur lutait de toutes ses forces, elle ne voulait pas que je me sépare d’elle et du coup, elle montait toutes les autres peurs contre moi en boucle.
« L’esprit refuse de se laisser libérer, il lutte de toutes ces forces pour conserver son statu quo. Mais le chemin entamé ne peut pas ne pas être fini. »
Depuis, dans un sens j’ai encore plus peur qu’avant. Sauf que maintenant je vis mes peurs, ce qui fait que je peux choisir de comment les vivre (choisir de tomber ou de voler). Mais surtout, je peux en retirer l’énergie liée ; car une peur bien utilisée représente une formidable opportunité pour se dépasser.
Désormais je suis dans une bulle où tout est à construire, où finalement les peurs deviennent un chemin qu’il est intéressant de suivre, car là-bas, il y a l’occasion de se dépasser (de devenir Soi).
Cet écrit n’a que comme seul et unique but de vous montrer un chemin.
J’espère que mon témoignage pourra vous aider à trouver votre chemin. Et que votre parcours ne sera pas aussi chaotique que le mien.
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